Alcool au volant sanctions : 0,2 g/l, permis probatoire invalide

Alcool au volant : 0,2 g/l peut invalider un permis probatoire

Les sanctions pour alcool au volant dépendent du taux relevé, du statut du conducteur et des circonstances du contrôle. Entre l’amende de 135 € et le délit passible d’une peine de prison, le basculement est rapide. Pour un titulaire du permis probatoire, un seul contrôle positif peut entraîner la perte du permis.

Les seuils d’alcoolémie à connaître avant de prendre le volant

L’alcoolémie désigne la quantité d’alcool présente dans le sang. Elle s’exprime en grammes par litre de sang (g/l) ou en milligrammes par litre d’air expiré (mg/l), lors d’un dépistage réalisé avec un éthylotest ou un éthylomètre.

Testez vos connaissances sur les sanctions de l’alcool au volant

Profil du conducteurLimite dans le sangLimite dans l’air expiré
Conducteur expérimenté0,5 g/l0,25 mg/l
Permis probatoire, conduite accompagnée, permis annulé ou invalidé depuis moins de 3 ans0,2 g/l0,1 mg/l

Le seuil réduit de 0,2 g/l concerne les conducteurs en période probatoire, y compris ceux qui ont suivi la conduite accompagnée. En pratique, cette limite équivaut à une quasi-tolérance zéro. Selon la boisson consommée, le poids, le sexe, le repas et le délai écoulé, un seul verre peut suffire à atteindre ou dépasser le seuil.

Le cap de 0,8 g/l change la nature de l’infraction

Entre le seuil autorisé et 0,8 g/l de sang, l’infraction relève de la contravention de 4e classe. À partir de 0,8 g/l, soit 0,40 mg/l d’air expiré, elle devient un délit routier. Les conséquences ne se limitent alors plus à une amende forfaitaire et à un retrait de points. Une procédure judiciaire peut aboutir à des peines plus lourdes.

Les sanctions selon le taux d’alcool relevé

Le tableau suivant permet d’identifier rapidement le niveau de risque. Les peines indiquées correspondent au cadre général. Le juge peut les adapter aux circonstances de l’affaire.

Taux constatéQualificationSanctions principales
De 0,5 à moins de 0,8 g/l, ou de 0,2 à moins de 0,8 g/l avec un permis probatoireContravention de 4e classe135 € d’amende forfaitaire, 6 points retirés, possible suspension du permis et immobilisation du véhicule
0,8 g/l ou plus, soit 0,40 mg/l d’air expiré ou plusDélit6 points retirés, jusqu’à 2 ans d’emprisonnement, 4 500 € d’amende, suspension ou annulation possible du permis

À moins de 0,8 g/l : une amende qui peut coûter plus cher

L’amende forfaitaire s’élève à 135 €. Elle peut être majorée à 375 € si elle n’est pas réglée dans les délais. Devant le tribunal, son montant peut atteindre 750 €. Le retrait de 6 points s’applique au permis dès que l’infraction est définitivement établie.

Une suspension administrative ou judiciaire du permis peut également être prononcée pour une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans. Le montant de l’amende ne résume donc pas les conséquences d’un contrôle positif. La perte temporaire du droit de conduire peut aussi désorganiser les déplacements professionnels et personnels.

À partir de 0,8 g/l : des conséquences pénales et administratives

La conduite avec un taux égal ou supérieur à 0,8 g/l est un délit, notamment prévu par l’article L234-1 du Code de la route. Les forces de l’ordre peuvent retenir le permis au moment du contrôle. Le préfet peut ensuite décider une suspension administrative, avant même le jugement.

Le tribunal peut prononcer une suspension judiciaire, une annulation du permis, l’obligation de suivre un stage de sensibilisation ou encore l’installation d’un éthylotest antidémarrage dans certains cas. Le conducteur peut donc faire face à une procédure administrative et à une procédure judiciaire distinctes.

Pourquoi le permis probatoire est particulièrement exposé

Un permis probatoire commence avec un capital de 6 points. Or, une alcoolémie comprise entre 0,2 et 0,8 g/l entraîne précisément le retrait de ces 6 points. Le permis devient alors invalide pour solde de points nul.

Le conducteur doit restituer son titre et ne peut plus conduire. Il doit ensuite suivre les démarches nécessaires avant de pouvoir repasser les épreuves exigées. Cette situation peut interrompre les trajets professionnels, la garde d’enfants, les études ou l’accès aux soins lorsque ces déplacements dépendent de la voiture.

Prévoir son retour avant une soirée évite qu’une décision prise en quelques secondes ne bloque plusieurs mois de mobilité. Taxi, transports en commun, conducteur désigné ou nuit sur place permettent de laisser la voiture et de rentrer sans prendre le volant.

Le permis classique ne protège pas d’une invalidation

Un conducteur expérimenté qui possède davantage de points ne perd pas nécessairement son permis après un premier retrait de 6 points. Toutefois, si son solde est déjà faible, l’invalidation reste possible. Il est donc utile de vérifier son capital de points sans attendre la réception d’un courrier administratif, surtout après une infraction entraînant un retrait important.

Contrôle positif, refus de contrôle et circonstances aggravantes

Lors d’un contrôle, un dépistage positif peut être suivi d’une vérification avec un éthylomètre ou d’une prise de sang. Il ne faut ni chercher à échapper au contrôle ni refuser les vérifications. Le refus de se soumettre aux vérifications de l’alcoolémie constitue lui-même un délit, puni des mêmes peines maximales que la conduite à partir de 0,8 g/l, soit jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende.

  • Récidive : elle aggrave fortement la réponse pénale et peut conduire à l’annulation du permis.
  • Accident avec blessures ou décès : l’alcoolémie peut aggraver les poursuites liées aux conséquences de l’accident.
  • Cumul avec des stupéfiants : les risques pénaux et administratifs deviennent plus sévères.
  • Refus d’obtempérer ou conduite sans permis : ces infractions s’ajoutent à celle liée à l’alcool.

Après un contrôle positif, conservez les documents remis, respectez toute interdiction de conduire et vérifiez attentivement les délais indiqués. Si une décision de suspension, une convocation ou une procédure judiciaire est en cause, un avocat en droit routier peut examiner le dossier et expliquer les recours envisageables.

Contester n’a de sens que sur des éléments précis de procédure ou de preuve. Une contestation ne doit pas servir à minimiser le danger créé par l’alcool au volant.

Éviter le dépassement : des décisions simples, prises avant de boire

Il n’existe pas de calcul fiable fondé sur le nombre de verres consommés. L’alcoolémie varie d’une personne à l’autre et peut continuer à monter après le dernier verre. Le café, la douche froide, une sieste ou un repas ne font pas baisser l’alcoolémie plus vite. Seul le temps permet à l’organisme d’éliminer l’alcool.

  1. Désignez un conducteur qui ne boira pas avant le départ.
  2. Prévoyez un trajet de retour sans voiture ou une solution d’hébergement.
  3. Utilisez un éthylotest comme outil de prévention, sans le considérer comme une autorisation automatique de conduire.
  4. En cas de doute, ne prenez pas le volant et faites récupérer le véhicule plus tard.

Une consommation répétée ou difficile à contrôler mérite aussi une attention particulière. Le questionnaire FACE peut aider à faire le point sur sa consommation. Demander conseil à un professionnel de santé est une démarche de prévention, pour soi comme pour les autres usagers de la route.