La nouvelle 2CV Citroën fait régulièrement renaître l’idée d’une Deuche moderne, électrique et abordable. Pour l’instant, il faut distinguer l’intérêt réel pour une voiture simple inspirée de sa philosophie et l’existence d’un modèle officiellement présenté sous le nom « 2CV ». Citroën travaille bien sur une petite électrique accessible, parfois évoquée à l’horizon 2028, mais aucun modèle de série, tarif définitif ou fiche technique complète n’a été annoncé pour une nouvelle 2CV.
Une future 2CV officielle ? Non, mais une idée crédible chez Citroën
Produite de 1948 à 1990 à 5,1 millions d’exemplaires, la 2CV reste une référence de l’automobile légère, pratique et accessible. Citroën cherche aujourd’hui à reprendre cette logique dans le contexte de la voiture électrique, sans forcément reproduire la silhouette de l’originale.

Le projet le plus concret évoqué dans l’actualité automobile est celui d’une E-Car Citroën, une petite voiture électrique conçue pour réduire le prix d’accès à la mobilité. Un objectif de 15 000 € est associé à cette catégorie de véhicule. Certaines projections concernant une descendante spirituelle de la 2CV placent aussi son prix sous les 20 000 €. Ces montants restent toutefois des objectifs de positionnement, et non le prix catalogue d’une Citroën 2CV commandable aujourd’hui.
Pourquoi le nom 2CV revient-il si souvent ?
Le nom résume une promesse simple : transporter l’essentiel avec peu de matière, peu de complexité et un coût maîtrisé. La comparaison est séduisante pour une citadine électrique légère. L’appellation « nouvelle 2CV » est cependant largement employée par les médias, les passionnés et les créateurs de rendus numériques. Elle ne correspond pas à une annonce officielle de Citroën portant ce nom.
Les concepts présentés par la marque entretiennent aussi cette attente. Citroën a dévoilé Revolte en 2009, puis le concept Oli en 2022. Aucun des deux n’est une 2CV de série, mais ils montrent les pistes explorées autour de la sobriété, des matériaux, du poids et d’une mobilité plus accessible.
À quoi pourrait ressembler une Citroën électrique dans l’esprit de la Deuche ?
Si une nouvelle 2CV Citroën voyait le jour, elle aurait davantage intérêt à reprendre une méthode qu’un dessin. Une copie néo-rétro avec ailes rondes, capote intégrale et phares saillants risquerait d’augmenter les coûts et de réduire l’espace disponible. Le scénario le plus cohérent serait celui d’un design moderne, robuste, facilement identifiable et simple à industrialiser.
| Élément envisagé | Ce que cela impliquerait |
|---|---|
| Motorisation | Électrique, adaptée aux trajets urbains et périurbains |
| Format | Environ 3,8 mètres de long, dans l’esprit des kei cars japonaises |
| Poids | Moins de 1 000 kg, batteries comprises, comme objectif de sobriété |
| Autonomie | Environ 300 km pour certains concepts, sans valeur d’homologation confirmée |
| Équipement | Interface numérique simple, Bluetooth et aides à la conduite imposées ou utiles |
Le détail qui compte : regarder le poids à la loupe
Dans une petite voiture électrique, la capacité de la batterie ne suffit pas à évaluer le projet. Il faut aussi examiner le rapport entre le poids, les pneus, la puissance de recharge et la consommation réelle. Une batterie plus grosse augmente l’autonomie, mais elle alourdit la voiture et renchérit son prix. Elle peut donc réduire l’intérêt d’un modèle destiné aux trajets quotidiens.
L’héritage le plus pertinent de la 2CV serait une sobriété d’usage : une batterie dimensionnée pour les besoins fréquents, une carrosserie simple à réparer et des équipements choisis pour leur utilité. Cette approche correspondrait davantage à l’esprit de la Deuche qu’un simple habillage néo-rétro.
De la 2CV ancienne à l’E-Car : ce qui changerait vraiment
La 2CV d’origine répondait aux contraintes de son époque : routes rurales, coût d’achat contenu, entretien élémentaire et confort de suspension. Une réinterprétation contemporaine devrait répondre à d’autres impératifs, notamment la sécurité, les normes Euro 7, la connectivité minimale, les émissions locales nulles à l’usage et le coût des batteries. L’esprit peut rester le même, mais la mécanique et la fabrication seraient nécessairement très différentes.
- La simplicité d’hier reposait sur une architecture thermique rudimentaire et un entretien accessible.
- La simplicité actuelle passerait par moins de poids, moins d’options superflues et une conception pensée pour durer.
- Le confort utile inclurait la sécurité, le chauffage, la recharge et une interface numérique facile à utiliser.
- L’accessibilité dépendrait du prix d’achat, mais aussi de l’assurance, de la recharge et du coût des réparations.
La réglementation européenne autour de la catégorie E-Car pourrait favoriser des véhicules plus compacts et plus abordables. Elle encadre toutefois fortement le projet. Une voiture moderne doit respecter des règles que la 2CV de 1948 n’avait évidemment pas à intégrer. Une future Citroën inspirée de la Deuche ne pourrait donc pas être dépouillée au sens ancien du terme.
Face à l’Ami et à la Renault 5 E-Tech, quelle place sur le marché ?
Citroën possède déjà l’Ami, une solution de mobilité électrique ultracompacte pensée avant tout pour la ville. Une E-Car reprenant l’esprit de la 2CV se situerait un cran au-dessus. Elle viserait une utilisation plus polyvalente, avec davantage de sécurité, d’autonomie et de confort, et pourrait sortir de l’agglomération. Elle ne remplirait donc pas le même rôle que l’Ami.
La Renault 5 E-Tech Electric suit une approche néo-rétro plus expressive et un positionnement plus valorisant. Une éventuelle Citroën inspirée de la 2CV devrait se distinguer par la fonctionnalité et le prix, plutôt que par la nostalgie seule. Fiat et Opel travaillent également sur des petites électriques européennes plus accessibles, ce qui rend la maîtrise du prix particulièrement importante.
À qui cette voiture parlerait-elle ?
Elle pourrait intéresser un foyer à la recherche d’une seconde voiture, un jeune conducteur, un actif roulant principalement autour de son domicile ou un automobiliste souhaitant remplacer un ancien véhicule thermique sans choisir un modèle trop cher. Pour ces profils, l’autonomie annoncée n’a de valeur que si elle correspond aux trajets hebdomadaires et aux solutions de recharge disponibles à domicile, au travail ou à proximité.
Le format envisagé pourrait aussi répondre aux besoins d’une mobilité urbaine plus simple. Une longueur proche de 3,8 mètres faciliterait les déplacements et le stationnement, tandis qu’un poids inférieur à 1 000 kg limiterait les besoins énergétiques. Ces caractéristiques restent toutefois des objectifs ou des projections, pas une fiche technique définitive.
Prix, date de sortie et décision d’achat : faut-il attendre ?
Une arrivée potentielle en 2028 est évoquée pour l’E-Car Citroën. Ce calendrier dépendrait du développement industriel, des règles européennes et de l’équilibre économique du projet. Il n’existe pour l’instant ni date ferme de commercialisation, ni réseau de précommande, ni configuration officielle pour une nouvelle 2CV Citroën.
Attendre peut avoir du sens si votre véhicule actuel répond encore à vos besoins et si vous recherchez précisément une petite électrique simple, légère et abordable. En revanche, il serait imprudent de reporter un achat sur la seule base de visuels virtuels ou d’un nom mythique. Avant de patienter, comparez les solutions disponibles et les futures offres annoncées selon quatre critères concrets :
- le budget total, aides et assurance comprises ;
- la possibilité de recharger facilement ;
- le kilométrage réel à couvrir chaque semaine ;
- la nécessité d’avoir quatre places et un coffre.
La meilleure suite pour la 2CV ne serait peut-être pas son retour à l’identique, mais l’arrivée d’une Citroën électrique fidèle à son ambition : utile, légère, intelligemment conçue et accessible. Pour l’instant, cette direction existe. La voiture définitive, elle, reste à découvrir.

