Utiliser un téléphone tenu en main au volant expose à une amende forfaitaire de 135 € et au retrait de 3 points. Cette contravention de 4e classe peut aussi avoir des conséquences sur le droit de conduire. Mais la rétention du permis, la suspension administrative et le retrait de points sont des mesures différentes : elles ne se déclenchent pas toutes automatiquement dans les mêmes circonstances.
135 € et 3 points : la sanction de référence pour le téléphone tenu en main
L’article R412-6-1 du Code de la route encadre l’interdiction d’utiliser un téléphone tenu en main en conduisant. La sanction ne concerne donc pas uniquement une conversation téléphonique : consulter ou manipuler son téléphone en main relève également de l’usage visé. Le fait de ne pas être en train de parler ne suffit pas à écarter l’infraction.
Les 135 € correspondent au montant forfaitaire de l’amende. Le retrait de 3 points constitue une conséquence distincte sur le permis de conduire. Il ne faut pas confondre le règlement financier de la contravention et son effet sur le capital de points : payer ne permet pas de choisir de conserver ses points.
| Situation | Conséquences à distinguer |
|---|---|
| Usage du téléphone tenu en main | Amende forfaitaire de 135 € et retrait de 3 points |
| Téléphone tenu en main avec une autre infraction concernée, commise simultanément | Rétention du permis possible, puis éventuelle suspension administrative |
| Application d’une politique préfectorale de suspension | Mesure administrative à examiner selon la décision applicable, distincte de l’amende |
Pour connaître les modalités de paiement ou de contestation correspondant à votre situation, reportez-vous à l’avis reçu. Ses références et ses délais doivent guider vos démarches, plutôt qu’un montant ou une procédure rapportés sans tenir compte du document.
Rétention et suspension : deux décisions à ne pas confondre
La rétention est une mesure immédiate
La rétention correspond à une mesure prise par les forces de l’ordre dans les situations prévues par les textes. Elle ne désigne ni une amende supplémentaire ni un simple retrait de points. Elle intervient sur la possibilité de conduire, dans l’attente des suites susceptibles d’être données à l’infraction constatée.
La préfecture des Pyrénées-Atlantiques décrit notamment un dispositif applicable depuis le 22 mai 2020 : lorsqu’un conducteur tient son téléphone en main et commet simultanément certaines autres infractions routières, son permis peut être retenu. Le caractère concomitant des faits est essentiel pour comprendre ce mécanisme.
La suspension interdit temporairement de conduire
La suspension administrative est une décision distincte, prise par le préfet. Elle peut suivre une rétention, mais les deux termes ne sont pas synonymes. La page de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques mentionne une suspension pouvant atteindre six mois dans le cadre qu’elle présente.
Une éventuelle décision judiciaire relève encore d’une autre procédure. Pour interpréter correctement un document reçu, vérifiez donc sa nature : avis de contravention, avis de rétention ou arrêté de suspension. Le téléphone seul n’entraîne pas automatiquement une suspension dans tous les cas, mais il serait également inexact d’affirmer qu’il ne peut jamais conduire à une mesure administrative.
Une autre infraction simultanée peut changer les conséquences
Le cumul visé ne signifie pas « n’importe quelle infraction commise à n’importe quel moment ». Le dispositif décrit par la préfecture repose sur l’usage d’un téléphone tenu en main pendant qu’une autre infraction relevant des catégories prévues est commise. Une ancienne contravention sans rapport avec le contrôle ne correspond pas à cette situation.
Les catégories et comportements mentionnés comprennent notamment :
- les infractions relatives à la vitesse ;
- le non-respect de la signalisation imposant un arrêt ou un cédez-le-passage ;
- le non-respect des priorités de passage, notamment à l’égard des piétons ;
- certaines infractions aux règles de dépassement ;
- le non-respect des distances de sécurité ;
- le franchissement ou le chevauchement d’une ligne continue et les comportements visés concernant la délimitation de la bande d’arrêt d’urgence.
Par exemple, tenir son téléphone tout en ne respectant pas une priorité ne se résume pas à deux gestes indépendants : cette simultanéité peut ouvrir la voie à la rétention du permis. La qualification exacte retenue par les forces de l’ordre reste déterminante ; cette liste ne remplace pas l’examen des faits et des textes applicables.
Pour comprendre votre dossier, utilisez une lecture « à deux clés » : identifiez d’abord le fait reproché concernant le téléphone, puis recherchez l’éventuelle seconde infraction et son moment de constatation. Cette méthode évite de chercher uniquement le mot « téléphone » sur les documents et de passer à côté de l’élément qui explique la mesure prise sur le permis.
Les mesures préfectorales ne créent pas une nouvelle amende locale
La page du ministère de l’Intérieur publiée sur Ma Sécurité présente une politique de suspension immédiate dans quatre départements : les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime. Elle évoque une durée comprise entre 15 jours et 6 mois, en faisant référence à l’article L224-7 du Code de la route.
Cette présentation territoriale ne doit pas être interprétée comme l’existence d’une amende différente dans ces départements. Le montant forfaitaire de référence reste de 135 €. Ce qui est en jeu est la réponse administrative concernant le permis, et non un nouveau tarif local pour la contravention.
Il faut aussi distinguer cette politique préfectorale du dispositif national de rétention lié au cumul d’infractions. Une communication annonçant une « suspension immédiate » ne signifie pas que les forces de l’ordre et le préfet prennent exactement la même mesure, ni que la suspension intervient sans décision administrative.
Les politiques locales pouvant évoluer, la mention de ces quatre départements ne suffit pas à établir leur application actuelle ou leur exclusivité. Pour vérifier votre situation, consultez la communication récente de la préfecture concernée et, si une mesure vous a été notifiée, les motifs et la durée figurant sur l’arrêté. Ma Sécurité et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques constituent les références institutionnelles pour distinguer les dispositifs présentés ici.
Le risque commence avant même la contravention
Le téléphone mobilise plusieurs ressources nécessaires à la conduite : le regard quitte la chaussée, une main peut lâcher le volant et l’attention se déplace vers la conversation ou le message. Même lorsque le conducteur estime garder le contrôle, il peut détecter plus tard un freinage, un piéton ou un changement de signalisation.
La page Ma Sécurité indique que l’usage du téléphone multiplie le risque d’accident par 3 et rapporte que 8 conducteurs sur 10 déclarent l’utiliser en conduisant. Elle relaie également un avertissement de la Sécurité routière : lire un message détourne les yeux de la route pendant 5 secondes en moyenne et multiplie le risque d’accident par 23. Ces chiffres concernent des usages différents et ne doivent pas être additionnés.
Le réflexe le plus utile consiste à préparer le trajet avant de partir : régler le guidage, couper les notifications et placer le téléphone hors de portée. Si un échange devient nécessaire, prévoyez un arrêt dans un emplacement autorisé et sûr avant de le consulter. L’objectif n’est pas seulement d’éviter 135 € d’amende : c’est de garder disponibles les yeux, les mains et l’attention dont la conduite a besoin.
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